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En mémoire de notre fils

Bryann

18 juillet 2023 — 28 mars 2025

Il avait vingt mois. Les yeux grands ouverts sur un monde qu’il découvrait à peine. Ce drame ne doit plus jamais se produire. Aucun enfant confié à une crèche en France ne devrait mourir faute de protocoles, de formation, de transparence.

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Son histoire

Bryann, un enfant plein de vie

Bryann est né le 18 juillet 2023. Blond, les yeux pétillants, il aimait rire — et ne se plaignait jamais. Un enfant comme on les aime — entier, curieux, vivant.

Le 21 mars 2025, à vingt mois, Bryann est victime d’un épisode d’étouffement survenu lors d’un repas à la crèche municipale Les P’tits Pirates, au 34 rue Edmond About, Le Plessis-Robinson (92350). Il est transféré en urgence à l’AP-HP.

Le 28 mars 2025, Bryann s’en va. Il avait vingt mois.

Ses parents, Laurent et Valiantsina, déposent plainte (PV n° 2025/002331). Le 4 juin 2026, France Victimes leur notifie le classement sans suite prononcé par le Parquet de Nanterre. Ils forment un recours auprès du Procureur général de la Cour d’appel de Versailles. Leur combat continue.

L’Association Bryann et la Loi Bryann sont nées de ce refus de laisser ce drame sans réponse.

Bryann et son papa Bryann avec sa maman Bryann dans les bras de son papa

Ce que disent les documents officiels

Trois versions. Une seule vérité.

Au cœur de cette affaire : trois déclarations officielles radicalement contradictoires sur la nature de l’incident. Ces incohérences illustrent l’absence, en droit français, de tout protocole uniforme de signalement et de conservation des preuves après un drame en crèche.

Déclaration de la crèche

« Un quart de rondelle de banane »

Version communiquée par l’établissement dans son rapport d’incident officiel

Rapport AP-HP

« Plusieurs morceaux dont un de plus de 2 cm »

Constat médical de l’AP-HP à la prise en charge de Bryann

Audition — responsable de table

« Deux morceaux de banane et du yaourt »

Déclaration faite lors de l’audition de la responsable de table présente le jour des faits

Notre proposition législative

La Loi Bryann

La Loi Bryann est une proposition de loi structurée en douze articles, organisés autour de trois axes : la transparence et l’information des familles, leur protection et accompagnement, la prévention et les conditions d’exercice dans les établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE). Elle s’inscrit dans le prolongement de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), ratifiée par la France le 7 août 1990.

Article 1er

Droit à l’information complète et cohérente après un drame

Après tout décès ou accident grave survenu à un enfant au sein d’un établissement d’accueil du jeune enfant au sens de l’article L. 2324-1 du code de la santé publique, la famille de cet enfant dispose d’un droit à une information écrite, complète et cohérente, délivrée par le directeur de l’établissement dans un délai maximum de vingt-quatre heures suivant l’événement.

Cette information doit décrire avec précision les circonstances de l’événement, les mesures de premiers secours immédiatement prises, les personnes présentes et les soignants intervenus.

La communication à la famille de versions contradictoires des faits par les personnels ou la direction de l’établissement est constitutive d’une faute grave engageant la responsabilité pénale du directeur, passible d’une peine de deux ans d’emprisonnement et de 90 000 € d’amende.

Base légale proposée : insertion d’un article L. 2324-2-1 au code de la santé publique.

Article 2

Obligation de conservation et de transmission des éléments de preuve

Tout établissement d’accueil du jeune enfant est tenu de conserver pendant dix ans l’intégralité des documents suivants :

  • Les registres de présence journaliers
  • Les menus et fiches de préparation des repas servis aux enfants
  • Les fiches de soins et de surveillance
  • Tout enregistrement disponible en lien avec l’événement
  • Tout autre document pertinent pour l’établissement des faits en cas de décès ou d’accident grave

Toute modification du règlement de fonctionnement de l’établissement dans l’année suivant un décès ou un accident grave est suspendue de plein droit jusqu’à la clôture définitive de la procédure judiciaire ou administrative en cours. Les parents en sont informés par écrit.

Tout manquement à l’obligation de conservation est passible d’une amende de 15 000 €.

Base légale proposée : modification de l’article R. 2324-40 du code de la santé publique.

Article 3

Maintien du référent et information préalable des parents

Tout changement de référent affectant un enfant accueilli dans un établissement de la petite enfance doit faire l’objet d’une rencontre formelle et préalable entre les parents et le professionnel entrant, avant toute prise de poste effective. Les parents en sont informés par écrit au moins cinq jours ouvrables avant ledit changement.

En cas de décès ou d’accident grave, le maintien du référent de l’enfant concerné est garanti pour la durée de la procédure judiciaire ou administrative, sauf accord exprès écrit des parents ou décision de justice.

Base légale proposée : modification de l’article R. 2324-39 du code de la santé publique.

Article 4

Publicité et accessibilité des rapports d’inspection

Les rapports d’inspection des établissements d’accueil du jeune enfant sont rendus publics et accessibles à l’ensemble des parents dans un registre numérique national, dans un délai de trente jours suivant leur rédaction.

Tout manquement constaté lors d’une inspection fait l’objet d’une mise en demeure contradictoire adressée au directeur de l’établissement dans un délai de quinze jours. En cas de manquement répété ou de mise en danger avéré, la fermeture administrative provisoire de l’établissement est prononcée de plein droit par le préfet territorialement compétent.

Base légale proposée : modification de l’article L. 2324-1 du code de la santé publique.

Article 5

Enquête indépendante systématique

Tout décès ou accident grave survenu dans un établissement d’accueil du jeune enfant donne lieu à la constitution automatique, dans un délai de trente jours, d’une commission d’enquête indépendante.

Cette commission est composée de :

  • Deux professionnels de santé, dont au moins un pédiatre
  • Un juriste spécialisé en droit de la responsabilité
  • Un représentant d’une association de protection de l’enfance reconnue d’utilité publique
  • Un représentant des familles usagères, désigné par une fédération nationale d’associations familiales

Aucun membre de cette commission ne peut appartenir aux services ayant exercé la tutelle ou la surveillance de l’établissement mis en cause. Elle rend ses conclusions dans un délai de soixante jours à compter de sa constitution.

Base légale proposée : création d’un article L. 2324-3 au code de la santé publique.

Article 6

Accompagnement juridique et psychologique gratuit

Toute famille dont l’enfant est décédé ou a subi un accident grave dans un établissement d’accueil du jeune enfant bénéficie, sans condition de ressources, d’un accompagnement juridique et psychologique gratuit, financé par les pouvoirs publics.

Cet accompagnement comprend :

  • L’assistance d’un avocat inscrit au barreau, pour la durée de la procédure judiciaire ou administrative
  • Un suivi psychologique assuré par un professionnel agréé, pour la durée nécessaire à la famille

Les modalités de mise en œuvre sont fixées par décret en Conseil d’État.

Base légale proposée : insertion d’un article 706-3-1 au code de procédure pénale.

Article 7

Création d’un Observatoire national des incidents graves en crèche

Il est créé un Observatoire national indépendant des incidents graves survenus dans les établissements d’accueil du jeune enfant, placé auprès du ministère chargé de la famille.

Cet observatoire est chargé de :

  • Recenser et analyser l’ensemble des incidents graves survenus dans les crèches publiques et privées de France
  • Identifier les causes systémiques et formuler des recommandations de prévention
  • Publier chaque année un rapport remis au Premier ministre et déposé sur le bureau de l’Assemblée nationale et du Sénat

Les établissements sont tenus de déclarer tout incident grave à l’observatoire dans un délai de quarante-huit heures. Le défaut de déclaration est passible d’une amende de 5 000 €.

Base légale proposée : création d’un chapitre spécifique au sein du code de la santé publique.

Article 8

Accès obligatoire au fichier judiciaire FIJAISV

La consultation du Fichier Judiciaire Automatisé des Auteurs d’Infractions Sexuelles ou Violentes (FIJAISV), prévu aux articles 706-53-1 et suivants du code de procédure pénale, est rendue obligatoire et systématique, avant toute prise de poste, pour :

  • Tout directeur ou directrice d’un établissement d’accueil du jeune enfant, public ou privé
  • Tout responsable de section ou d’unité au sein de ces établissements

Le défaut de consultation préalable engage la responsabilité civile et pénale de l’organisme gestionnaire.

Base légale proposée : modification de l’article L. 133-6 du code de l’action sociale et des familles.

Article 9

Formation obligatoire aux gestes de premiers secours

Tout professionnel exerçant dans un établissement d’accueil du jeune enfant est tenu de suivre une formation aux gestes de premiers secours spécifiques au jeune enfant, incluant notamment la prise en charge des risques d’étouffement et de fausse route, à raison d’au moins deux sessions par année civile.

Cette formation est dispersée par un organisme agréé. Son respect est contrôlé lors de chaque inspection de l’établissement. Le défaut de formation dûment constaté est passible d’une fermeture administrative provisoire de l’établissement.

Référentiel applicable : formation SST (Sauveteur Secouriste du Travail) adaptée à la petite enfance, conformément aux articles R. 4224-14 et suivants du code du travail.

Article 10

Révision du taux d’encadrement

Le taux d’encadrement en établissement d’accueil du jeune enfant est révisé comme suit :

  • Un professionnel pour trois enfants n’ayant pas encore la capacité de marcher de manière autonome
  • Un professionnel pour cinq enfants ayant acquis la capacité de marcher

Ces taux s’appliquent à l’ensemble des établissements d’accueil du jeune enfant, y compris les micro-crèches et les crèches familiales. Aucune dérogation ne peut être accordée en deçà de ces seuils.

Rappel : taux actuels fixés à 1/5 et 1/8 par l’article R. 2324-43 du code de la santé publique.

Base légale proposée : modification de l’article R. 2324-43 du code de la santé publique.

Article 11

Revalorisation des qualifications et des rémunérations

Le niveau de qualification requis pour exercer un poste en contact direct avec des enfants au sein d’un établissement d’accueil du jeune enfant est élevé au-dessus du seul CAP Accompagnant Éducatif Petite Enfance. Un décret en Conseil d’État fixe les niveaux de qualification minimaux requis pour chaque catégorie de poste.

Cette élévation du niveau de qualification est obligatoirement accompagnée d’une revalorisation salariale significative garantissant à l’ensemble des professionnels de la petite enfance des conditions de rémunération et de travail dignes. Les modalités sont fixées par voie de négociation collective dans les douze mois suivant la promulgation de la présente loi.

Base légale proposée : modification de l’article R. 2324-42 du code de la santé publique. Références : CCNT 51 et CCNT 66.

Article 12

Entrée en vigueur et décrets d’application

Les dispositions de la présente loi entrent en vigueur six mois après sa promulgation, à l’exception des articles 9 et 10 relatifs à la formation aux premiers secours et au taux d’encadrement, qui entrent en vigueur douze mois après la promulgation.

Les décrets d’application nécessaires à la mise en œuvre de la présente loi sont publiés dans un délai de six mois à compter de sa promulgation.

MAYEUF Laurent — 172 boulevard Raymond Poincaré, 62400 Béthune — 07 66 62 86 29 — associationbryann@outlook.com

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Souvenirs

Bryann, en images

Bryann devant l'installation lumineuse
Bryann avec son bonnet
Bryann dehors
Bryann avec sa maman

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Qui sommes-nous

Association Bryann

L’Association Bryann est une association loi 1901 fondée par les parents de Bryann — Laurent Mayeuf, président, et Valiantsina Hlazkova, trésorière — à la suite du décès de leur fils le 28 mars 2025.

Notre mission est double : maintenir vivante la mémoire de Bryann, et œuvrer concrètement pour que la législation française protège mieux les enfants accueillis en structure collective.

Nous menons des actions de sensibilisation auprès du grand public, des élus, des associations nationales (CNAPE, UNAF, Familles de France, SOS Petits Princes), et maintenons un dialogue ouvert avec les institutions.

Rejoignez-nous. Ensemble, le prénom de Bryann deviendra une loi.

Informations légales

StatutAssociation loi 1901
Siège172 bd Raymond Poincaré, 62400 Béthune
PrésidentLaurent Mayeuf
TrésorièreValiantsina Hlazkova
Emailassociationbryann@outlook.com
Téléphone07 66 62 86 29

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